Vieillir avec un handicap : ouvrir le débat, construire des réponses
Le 11 décembre dernier, l’Unapei Hauts-de-France réunissait associations, partenaires et experts autour d’un sujet qui s’impose de plus en plus à nous : le vieillissement des personnes en situation de handicap.
Une journée dense, riche, parfois dérangeante — mais surtout nécessaire.
Dès l’ouverture, la présidente Marie-Josèphe Cerisier a rappelé l’enjeu : accompagner le vieillissement, c’est accompagner des parcours de vie, avec leurs évolutions, leurs fragilités, mais aussi leurs besoins nouveaux. Un sujet complexe, qui ne peut plus rester en arrière-plan.
Poser des repères pour mieux comprendre
La matinée a permis de poser des repères solides.
La sociologue Muriel Delporte (CREAI Île-de-France) a apporté un éclairage structurant sur les continuités et les ruptures dans les parcours. Elle a mis en lumière les réalités vécues par les personnes, mais aussi les défis auxquels sont confrontées les équipes et les organisations.
Les équipes du dispositif DIAL des Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing ont ensuite partagé leur expérience autour de la maladie d’Alzheimer chez les personnes avec déficience intellectuelle. Un sujet encore peu visible, qui interroge nos pratiques et appelle à adapter nos accompagnements.
Avec Emeraude 58, la question de la fin de vie a été abordée avec beaucoup de justesse. Parce que parler de vieillissement, c’est aussi accepter d’aborder ces moments-là, avec humanité et respect.
La matinée s’est conclue avec l’intervention de Maître Lembrez, notaire, autour de la question de « l’après-parents ». Un enjeu central pour les familles, qui nécessite d’être mieux anticipé, accompagné et sécurisé.
Des réponses concrètes sur les territoires
L’après-midi a permis de mettre en lumière des réponses concrètes déjà à l’œuvre sur nos territoires.
La table ronde a croisé trois approches complémentaires : le dispositif Pass’âge à Dunkerque, le service retraite ESAT de l’Apei de Lens, et les coopérations développées à Roubaix-Tourcoing. Autant d’initiatives qui montrent qu’il est possible de construire des parcours plus fluides et d’éviter les ruptures.
L’ouverture à des expériences belges est venue enrichir les échanges. Inclusion ASBL a partagé ses travaux sur les transitions de vie et la place des familles. ATINORD a apporté un éclairage juridique complémentaire. Et Brux’Aînés a rappelé l’importance d’une approche collective et pluridisciplinaire.
Une dynamique à poursuivre collectivement
Ce que cette journée met en évidence, c’est que les réponses existent.
Elles se construisent, s’expérimentent, s’adaptent.
Mais elles gagneraient à être davantage partagées, coordonnées, et soutenues à une échelle plus large.
Vieillir avec un handicap n’est pas un sujet à part. C’est une réalité qui concerne aujourd’hui de nombreuses personnes et leurs familles dans notre région.
Elle mérite que l’on continue à y travailler collectivement. Et que l’on s’en saisisse pleinement.


